║ Hunger Games 2 ║ de Suzanne Collins

 Hunger Games 2

   Cette semaine, chers lecteurs, nous parlerons du deuxième tome de la trilogie Hunger Games intitulé Hunger Games : l’Embrasement, dans la continuité de l’article de la semaine dernière sur Hunger Games 1. Ayant été parfaitement incapable de m’arrêter après le premier livre, j’ai attaqué aussitôt le second tome dont nous allons parler aujourd’hui. Comme pour le précédent, je n’ai pas été déçue et reste toujours aussi conquise par les films qui ont, à mon sens, merveilleusement bien adapté cette œuvre littéraire. Il y a, bien sûr, des détails politiques et psychologiques dans les livres qui n’ont pas pu être entièrement restitués dans leurs adaptations – Haymicth est devenu mon personnage favori à la lecture des livres alors que je ne le prenais que pour un poivrot un peu beauf en voyant les films – mais certains ajouts des adaptations me semblent extrêmement bien trouvés – je pense notamment à toutes ces scènes ajoutées du président Snow discutant avec sa petite-fille ou avec le Haut Juge Plutarch Heavensbee et qui permettent de suivre la trame politique d’une manière différente. Le style reste très semblable à celui de premier tome : adapté à un public adolescent, il est essentiellement centré sur les dilemmes intérieurs de Katniss – souvent amoureux… – et son point de vue relativement égoïste sur les événements mais est toujours aussi fluide et agréable à lire.


Après la fin des soixante-quatorzième Hunger Games, Katniss a emménagé avec sa famille au village des vainqueurs mais ne cesse d’être hantée par les horreurs qu’elle a vécu lors des Jeux – dans le livre, on la voit faire des cauchemars mais la vision qu’elle a en tuant un oiseau à la chasse dans le film m’a particulièrement plût en terme d’adaptation. Les soixante-quinzième Hunger Games approchent et Peeta et elle sont appelés à faire la « Tournée de la Victoire » en visitant chaque district pour afficher leur idylle factice aux yeux de tous mais celle-ci ne se passe pas aussi bien que prévu : des troubles agitent les districts et la répression se fait de plus en plus sévère. Oppressée par le président Snow qui compte sur elle pour apaiser les tensions dont il a tient en partie pour responsable, Katniss hésite à fuir pour protéger sa famille mais Gale l’en empêche jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Au lieu de cela, elle met en scène des fiançailles avec Peeta pour satisfaire le public du Capitole. Pourtant, tous ces efforts – et ce talent inné qu’a Katniss pour la comédie, n’est-ce pas… ? – restent vains et l’envoi de nouveaux Pacificateurs au district douze fait basculer l’équilibre en place ; le marché noir est annihilé et Gale est fouetté pour braconnage. La fuite n’est plus une option et Katniss est décidée à se battre quand une nouvelle vient tout bouleverser : les candidats des nouveaux Hunger Games seront choisis parmi les anciens vainqueurs. Évidemment, Katniss et Peeta se retrouvent à nouveau projetés dans l’arène mais cette fois, ils s’y découvrent des alliés inattendus. On assiste donc à une véritable dualité, entre la répression du Capitole et la rébellion qu’elle entraîne mais le peuple de Panem, qu’il soit des districts ou du Capitole, s’unit enfin sous la bannière du geai moqueur.

Ligne horizontale     Répression & rébellion.

    Un an après les événements du livre précédent, les choses ont bien changé dans les districts : l’agitation règne partout et le Capitole est bien obligé de réagir par une répression de plus en plus stricte. Si les conditions de vie dans le district douze ont toujours été décrite comme difficiles, les autorités en place n’ont jamais empêché Katniss et Gale de sortir braconner et toutes les autres personnes débrouillardes – on est politiquement correct ou on ne l’est pas – pouvaient faire leur commerce à la Plaque sans trop de difficultés. C’est donc en visitant les autres districts pour la Tournée de la Victoire avec Peeta et Haymicth que Katniss réalise pour la première fois jusqu’où vont les dérives du Capitole – en dehors des Hunger Games eux-mêmes qui sont déjà une sacrée dérive en soi, il faut bien l’admettre. Dans les autres districts, ils peuvent assister à des répressions bien plus sévères que celles auxquelles ils sont habitués, ce qui permet de les faire réagir de concert avec le lecteur, choqués par ces actes cruels. On découvre ainsi des districts sous haute surveillance, des populations parquées, des hommes tabassés ou tués et une liberté d’expression totalement inexistante mais, plus encore, on voit l’impuissance des habitants (et plus encore des trois vainqueurs en tournée) à réagir face à cette répression du Capitole. Puis c’est dans leur propre district que la répression se durcit à son tour, détruisant la Plaque, lieu tournant de la contrebande, et châtiant sévèrement tout contrevenant.
Pourtant, loin de calmer la population, cette répression aussi violente que soudaine ne fait qu’encourager la rébellion dans le district douze. Si le régime de la terreur fonctionnait jusque là, il a trouvé ses limites et le silence des masses prend fin lorsque le Capitole attise encore un peu plus – un peu trop – la colère des habitants des districts. C’est avec les coups de fouet que reçoit Gale que le tournant est marqué dans le roman : il dit à Katniss sa volonté de se battre et, en bonne amie – ou en bon mouton, à voir –, Katniss prend cette formidable décision à ses côtés. Bon, on ne peut pas dire que Katniss sera très impliquée dans ce mouvement de rébellion – ce n’est pas vraiment de sa faute, elle est plutôt tenue à l’écart par les rebelles qui se méfient de ses talents de comédienne, on se demande pourquoi – mais un certain nombre d’indices permettent de voir l’ampleur que prend cette rébellion. Le plus important, notamment, est celui que donne Plutarch Heavensbee lors de la soirée au Capitole en révélant à Katniss le geai moqueur dissimulé sur le verre de sa montre à gousset. Ainsi, avec un peu de réflexion, on peut dès lors comprendre que que le mouvement est remonté jusqu’aux hautes sphères du pouvoir. De même, les deux jeunes femmes en cavale que croise Katniss dans les bois et qui sont en quête du district-treize-pas-si-disparu-que-ça fournissent un indice certain sur l’organisation que prend la rébellion, même si on ne peut en avoir immédiatement le cœur net ; cela prouve au minimum que les rebelles ne sont pas prêts d’arrêter la lutte puisqu’ils ont un véritable espoir de survie – que celui-ci soit fondé ou non importe finalement peu dans ce cas-là, même si ça importera bien sûr plus tard.

Ligne horizontale      Union & symbole.

    Une autre des grandes évolutions du premier au second tome, c’est l’union nouvelle qui lie les habitants des districts. Jusqu’ici, comme nous avons pu le voir dans l’article précédent, on était un peu dans l’idée du chacun pour soi : chaque famille s’inquiétait avant tout du sort de ses proches (familles ou amis) et souciait très modérément de ce qui pouvait arriver aux autres. C’est désormais bien différent : tout le monde se désole du nouveau départ pour l’arène des anciens gagnants – qui se soutiennent, se portent volontaires les uns pour les autres ; Peeta et Mags en sont les exemples les plus marquants –, les habitants du district treize se soutiennent à la destruction de la Plaque, le châtiment de Gale réunit tout un public concerné par son sort – à défaut de pouvoir réagir sans risquer la mort, ils sont là et tentent de soustraire Katniss à ce spectacle pour ne pas la blesser –, le district onze entier est ému par le discours de Katniss concernant Rue, etc. Bref, de nombreuses manifestations publiques démontrent que la division passée a laissé place à une union forte de tous, qui va au-delà mêmes des mouvements rebelles et qui est plutôt une preuve de prise de conscience générale – à mon avis, en tout cas. Ils s’unissent enfin, grâce à la victoire de Peeta et Katniss qui les inspire, grâce au symbole du geai moqueur.
Les habitants des districts – et plus encore les rebelles – ont donc un symbole derrière lequel s’unir et c’est un symbole plein de sens que celui du geai moqueur. Au-delà du personnage de Katniss et de son geste de rébellion dans l’arène avec les baies empoisonnées, l’oiseau auquel elle est associée a lui-même une signification très importante. L’oiseau, c’est avant tout la liberté, celle dont les habitants des districts sont depuis si longtemps privés, et ce n’est pas pour rien que le rêve de voler est l’un des plus couramment psychanalysés : voler, c’est fuir la réalité, fuir ses problèmes, être libre de toute contrainte – autant dire que le symbole est aussi fort pour les rebelles de Panem que pour le lecteur de dystopies. Par ailleurs, le geai moqueur est l’oiseau qui, par son talent d’imitateur, a permis à Katniss et Rue de communiquer en tant qu’alliées, il est donc lui-même symbole de l’union des deux jeunes filles dans les pires conditions et encore, il rappelle sans cesse la mort de la petite Rue, c’est-à-dire le moment où la population d’au moins deux districts a été unie par la même perte. Enfin, son nom même de « moqueur » est bien sûr évocateur : par son biais, on ose défier le Capitole, se « moquer » en quelques sortes de lui pour déstabiliser son autorité et mener à la révolte.

     Après le premier tome d’Hunger Games, c’était donc au tour d’Hunger Games : l’Embrasement et bientôt, nous parlerons d’Hunger Games : la Révolte pour achever cette trilogie palpitante. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine mais, comme l’a dit Michael Ende, « ceci est une autre histoire, qui sera contée une autre fois », les débats sont donc ouverts dans les commentaires !

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