║ Fondation 1 ║ d’Isaac Asimov

Fondation 1

    Aujourd’hui, chers lecteurs, je vous propose de parler un peu du premier tome d’un cycle qui a été un véritable coup de cœur pour moi, au point que je l’ai classé parmi les lectures incontournables en science-fiction : Fondation d’Isaac Asimov. Dans ce roman, point de technologie vraiment compliquée à assimiler mais plutôt une simple science qui ressemble beaucoup à de la psychologie : la psychohistoire. Grâce à elle, une série de calculs permet aux scientifiques de prévoir les grands mouvements de l’Histoire de l’humanité, les grandes tendances qui guideront le futur ; bref, on peut prédire un avenir global sur plusieurs centaines (voire milliers) d’années mais cela ne peut s’appliquer à un cas particulier. Or, l’Homme a colonisé l’espace depuis quelques milliers d’années ; chaque planète habitable, jusqu’aux extrêmes confins de l’univers, accueille une population humaine et toutes sont regroupées sous la tutelle d’un Empire. Cependant, celui-ci est en passe de s’effondrer, entraînant la perte des connaissances accumulées et une longue ère de chaos à travers la galaxie. Nous suivons donc le destin de ceux qui sont censés minimiser cette catastrophe d’ampleur intergalactique.

      Une telle histoire ne pouvant se dérouler sur quelques années, le cycle Fondation raconte plusieurs siècles d’Histoire de l’humanité. Ainsi, entre chaque partie, des ellipses de plusieurs dizaines d’années nous font souvent changer de personnage principal. C’était donc ma crainte, au début de cette lecture, de n’avoir aucun personnage marquant auquel je puisse vraiment m’attacher mais je dois bien vous avouer que cette crainte était totalement injustifiée : chaque personnage étant plus badass que le précédent – eh oui, parce qu’on suit toujours des personnages ayant marqué un tournant de l’histoire intergalactique, après tout –, l’attachement devient vite total et addictif. Plutôt que de regretter les héros du passé (dont on entend encore souvent parler car ils accèdent un peu au rang de légende), on a hâte de découvrir quelles seront les nouvelles émergences et, surtout, ce qui fera, cette fois, à nouveau basculer l’Histoire.

Ligne horizontale     Psychohistoire & mémoire.

    La science principale du roman, celle qui est à l’origine de l’intrigue, c’est donc la psychohistoire. Inventée par Hari Seldon que l’on rencontre dans les premiers chapitres, la psychohistoire permet de prévoir quelles tendances va suivre l’humanité pour tracer son Histoire. Ceci a cependant une condition : afin que les Hommes n’infléchissent pas l’Histoire selon ce qu’ils pensent devoir faire mais agissent comme cela devrait se dérouler, ils ne doivent pas être au courant de l’existence de cette science. Hors, dans le roman, nous suivrons un certain nombre d’hommes qui, justement, connaissent l’existence de la psychohistoire, savent que le destin de l’humanité est tracée selon un grand Plan qu’il leur faut suivre pour éviter à l’humanité des siècles de chaos mais qui doivent agir comme s’ils ignoraient tout cela pour ne pas briser le fragile équilibre de cette science. On voit donc qu’on a affaire là à quelque chose de très psychologique : c’est la personnalité de chacun des personnages, leurs façons de penser et leurs réactions en découlant qui vont permettre ou non la bonne marche du Plan établi par Hari Seldon. Tout le nœud de l’action, donc, reposera sur cette question : quel est le Plan global d’Hari Seldon et parviendra-t-il à atteindre son but sans raté ?

      Le souvenir joue un rôle très important dans ce premier tome de Fondation – et, sans vouloir trop m’avancer, il y a de fortes chances que cela demeure par la suite vu l’évolution de l’histoire – et il est lié à tous les grands évènements qui jalonnent l’œuvre. En effet, dès le départ, le projet d’Hari Seldon est présenté comme une conservation de la mémoire collective puisqu’il projette de faire écrire une Encyclopaedia Galactica pour conserver toutes les connaissances de l’univers après la chute de l’Empire. Par la suite, on pourra voir que la Fondation est le seul îlot de connaissance qui subsiste, au milieu des planètes de la périphérie qui oublient, peu à peu, ce qu’ils ont su par le passé. C’est donc la Fondation qui va devoir leur rappeler ce qu’ils ont oublié – par des moyens plus ou moins détournés, certes ! – et qui acquiert ainsi un certain pouvoir malgré sa faiblesse militaire : on s’aperçoit ainsi que souvenir et savoir sont eux-mêmes dotés d’une puissance indéniable. De même, Hari Seldon apparaît de manière régulière pour se rappeler à la mémoire collective et permet aux héros de se souvenir que leurs actes doivent servir ce fameux Plan vers lequel tout converge.

Ligne horizontale     Religion & commerce.

     Dans un premier temps, la transmission du savoir que la Fondation a accumulé se fera vraiment au compte-goutte car c’est le seul pouvoir dont elle dispose et se doit de le conserver pour ne pas se faire écraser par ses voisins qui possèdent de plus grandes ressources qu’elle – pour faire simple, la Fondation ne possède aucune autre ressource, en fait – ; on a donc affaire à des moyens détournés et pas tellement honnêtes de partage des connaissances. En effet, les dirigeants de la Fondation ritualisent totalement l’utilisation de l’énergie atomique que ses voisins ont perdu, au point d’en faire une religion. On a un clergé, obligé de venir se former sur Fondation, totalement ignorant des véritables principes qui font fonctionner cette énergie et apprennent à mener un rituel parfaitement inutile pour la faire fonctionner et ainsi provoquer des miracles autour de leur souverain qui passe alors pour un véritable envoyé divin. Et, le plus incroyable dans cela, c’est que les prêtres également sont persuadés de la divinité de leur monarque car ils pensent sincèrement que, si celui-ci n’était pas d’ascendance divine, leur rituel échouerait. La Fondation transmet donc l’utilisation des savoirs qu’elle possède mais se garde bien d’en transmettre la source, conservant pour elle seule le plus grand des pouvoirs. La connaissance est élevée à un rang divin et on voit qu’elle peut avoir l’ascendant sur quiconque de moins éduqué.

     Par la suite, cette religion ne peut s’étendre au-delà des planètes voisines car d’autres religions, basées sur d’autres principes que la science, lui font concurrence. Pour s’exporter, il faut donc évoluer. Là où la religion a échoué, c’est le commerce qui parviendra à ses fins. En effet, même si Fondation n’a qu’une seule chose à exporter, elle peut l’exporter de différentes manières. Le commerce, donc, prend le pas sur la religion… Doit-on alors en conclure que seul le commerce transcende toutes les frontières, toutes les cultures ? Je l’ignore, mais son ascendant, ici, est clairement plus puissant. Cette société qui, jusqu’alors, était toute entière tournée vers la préservation du savoir, va se scinder en deux : ceux qui se consacrent au Plan de Seldon et ceux qui ont d’autres idées. La population de la planète s’étoffe, à partir de là, ses ambitions s’étoffent proportionnellement et donc, nécessairement, elle voudra entrer pleinement dans la vie politique, sociale et commerciale, désir inhérent à toute population croissante. La question qui reste en suspens est de savoir si ces envies variées risqueront de nuire au Plan d’Hari Seldon ou si elles sont nécessaires à son bon déroulement.

      Voilà donc ce que j’ai retenu du premier tome de Fondation d’Isaac Asimov. Dès que les lectures universitaires me laissent un peu tranquille, je me plongerai avec délectation dans la suite et n’oublierai certainement pas de vous en donner des nouvelles ! En attendant, vos avis sont toujours les bienvenus dans les commentaires et je vous dis à bientôt pour un nouveau petit papier mais, comme l’a dit Michael Ende, « ceci est une autre histoire, qui sera contée une autre fois ».

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8 commentaires sur “║ Fondation 1 ║ d’Isaac Asimov

  1. Je suis d’accord avec toi Katsu. Les articles sont très complets et ça me remet pas mal en question par rapport à mes articles du coup. Et (ironie) je déteste déjà ce blog car cet article me donne envie de lire le livre… C’est mon porte monnaie et la PAL qui vont souffrir… SNIF… XD

    Aimé par 1 personne

    • ça fait des bonds à mon p’tit cœur des commentaires comme ça, merci *-*
      Personnellement, j’ai beaucoup aimé les quelques articles que j’ai déjà lu sur ton blog et je pense que c’est la diversité des styles qui donne tout son intérêt à la blogosphère donc la comparaison n’a pas lieu d’être^^
      Mon porte-monnaie aussi a pris cher avec tous ces blogs, tous ces livres, tous ces… arg ! Vengeance bien méritée !

      Aimé par 1 personne

    • J’ai aussi lu le premier tome des Robots récemment, moi qui pensais être perturbée par l’accumulation de nouvelles, j’ai finalement adoré aussi 😀
      On a un peu le même principe de changements d’ellipses et de changement de héros dans Fondation mais, pareil, ils sont tous toujours aussi marquants ! ^^

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