║ Charlie et la chocolaterie ║ de Roald Dahl

Charlie et la Chocolaterie

     Après Matilda et Sacrées Sorcières, je vous propose de nous retrouver aujourd’hui, chers lecteurs, pour parler d’un autre livre jeunesse écrit par Roald Dahl, le non-moins connu Charlie et la Chocolaterie. Totalement fan du film réalisé par Tim Burton, comme vous avez pu l’apprendre dans mon « 8 idées » consacré aux adaptations cinématographiques réussies, et adepte de la plume de Roald Dahl, je ne pouvais qu’adhérer à 1000% à ce roman joyeux, haut en couleur et bourré de bonnes intentions. Une lecture rapide, légère et plaisante : de quoi passer un bon moment à coup sûr.

      L’histoire est celle de Charlie Bucket, un jeune garçon issu d’une famille très pauvre qui ne peut bien souvent pas manger à sa faim et qui, comble de l’ironie, vit dans une ville abritant la plus fabuleuse usine de chocolat ayant jamais existé, la chocolaterie Wonka. Cette chocolaterie, en-dehors de la délicieuse odeur qu’elle répand autour d’elle, a une particularité : cela fait une dizaine d’années qu’elle est hermétiquement close, tous les employés ayant été renvoyés suite à un espionnage industriel et le propriétaire, Mr Willy Wonka, n’a plus reparu depuis. Alors, comment l’usine fonctionne-t-elle depuis ? Charlie va avoir la chance de le découvrir, accompagné de son grand-père, de quatre autres enfants et de leurs parents, grâce à un grand jeu concours organisé par Mr Willy Wonka en personne.

Ligne horizontale     Vices & perfection.

    Sur les cinq enfants qui pénètrent dans la chocolaterie Wonka, un seul en ressort totalement indemne. Il s’agit, bien entendu, de notre petit protagoniste qui prête son prénom au roman mais, même sans cela, Charlie est bien vite identifiable parmi la cohue des enfants puisqu’il est le seul à ne pas aire un étalage éhonté de vices. En effet, chacun des quatre autres enfants est marqué par une sorte de pêché capital qui va causer sa perte : Augustus Gloop cède allègrement à la gourmandise ; Violette Beauregard est l’orgueil personnifié – c’est une française, à quoi pouvait-on s’attendre, après tout ? – ; Veruca Salt est l’envie usant et abusant de l’argent de ses parents ; Mike Teavee, toujours vautré devant un écran, est le représentation même de la paresse. Restent deux derniers pêchés, la luxure – difficilement associable à un roman destiné à des enfants – et l’avarice, enfin, qui aurait dû lui seoir à merveille – j’admets, « seoir » et « gésir » sont les deux infinitifs que j’adore sortir juste pour le fun du verbe improbable ! – au jeune Charlie qui a toujours manqué de tout mais qui, pourtant, est bien loin de céder à ce penchant lui étant destiné.

      En effet, Charlie ne mange pas à sa faim, reçoit des cadeaux d’anniversaire dont les autres enfants profitent au quotidien, vit dans une maison ridiculement petite et délabrée dort sur un matelas à même le sol au milieu du salon car le seul lit de la maisonnée voit s’entasser les quatre grand-parents… Bref, Charlie aurait de quoi se plaindre de bien des manières et pourtant, au lieu de se laisser aller aux tentations des mauvais penchants, au lieu de vouloir voler ce qu’il ne possède pas, au lieu de vouloir garder pour lui seul le peu qu’il possède, Charlie est toujours prêt à partager davantage avec sa famille et est même le petit « rayon de soleil » qui les illumine tous, celui qui redonne vit et bonheur à ses grands-parents proches de la léthargie. Charlie, finalement, est le petit garçon parfait sous tous les aspects, venant s’opposer de façon directe aux quatre autres enfants qui, eux, sont prêts à saisir la moindre occasion pour retomber dans leurs travers. En faisant de Charlie son héros, Roald Dahl incite ainsi son jeune lecteur – livre jeunesse, rappelons-le ! – à ressembler à ce petit garçon sans défauts et à se détacher le plus possible des modèles de mauvais enfants qui finissent tous dans des situations plus ridicules les unes que les autres.

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     Eden & pygmées.

     La chocolaterie, quand à elle, ressemble fort à un petit paradis sur Terre dès le premier regard. Willy Wonka, insiste bien sur le fait qu’il n’aime que les choses belles – à l’intérieur ou à l’extérieur ? – et cela se voit effectivement dans sa chocolaterie qui recèle de merveilles. La toute première salle, notamment, qui est visitée par nos heureux gagnants, représente une immense jardin fabuleux, aux couleurs chatoyantes et où absolument tout est fait de sucreries. Bref, pour quelqu’un n’ayant connu la misère où la nourriture manquait et dont l’habitation était austère, autant dire que cet endroit ressemble fort au paradis. Pourtant, digne visiteur de ce lieu magique, Charlie, dont l’estomac doit être bien creux à la vue de tout ceci, s’abstient pourtant de tout ravage et ne mange qu’avec les yeux, sauf sur recommandation de Willy Wonka. Ce jardin est ainsi respecté et préservé. Fait surprenant, cette salle se trouve néanmoins sous terre, lieu que l’on aurait tendance à plutôt lier aux Enfers dans la religion chrétienne. Mais, après tout, la localisation du jardin d’Eden étant totalement inconnue, pourquoi ne pas lui supposer une existence sous terre tant que tout y est délices et beauté ?

      Dernier point mais non des moindres dans Charlie et la Chocolaterie : les Oompa Loompas. Personnages emblématiques de cette histoire car ils sont ceux qui fournissent la morale après chaque acte désobéissant des enfants mal élevés par les petites chansons en chœur et souvent drôles à souhait. Cependant, rien ne vous a jamais choqué dans ces petits personnages sympathiques ? Si vous avez lu les versions les plus récentes, ce n’est peut-être pas surprenant car elles ont été remaniées mais si vous avez lu une version dont le texte est d’origine comme je l’ai fait, alors vous apprendrez que les Oompa Loompas sont un peuple de pygmées à la peau noire ramenés d’Afrique par Willy Wonka, hommes, femmes et enfants compris, pour vivre et travailler en permanence dans son usine en étant payé en chocolat. Vous le voyez, le problème, là ? Eh oui, Charlie et la Chocolaterie a été très fortement taxé de racisme à sa sortie, ce qui a poussé Roald Dahl à proposer ensuite une version remaniée dans laquelle la peau des Oompa Loompas s’est soudain colorée en blanc et ils venaient désormais du pays d’Oompaland. Donc, je ne suis pas ici pour lancer un débat sur le racisme mais on gardera tout de même en idée ce débat qui a fait rage et la bonne volonté de l’auteur, quelles que soient ses convictions – ce choix était clairement une erreur mais était-il conscient de l’avoir faite avant qu’on la lui pointe du doigt ? – qui permet aujourd’hui aux enfants de lire ce livre sans risquer d’être influencé par de telles valeurs bien peu dignes de la littérature en général.

      C’est donc sur cette note un peu controversée que j’achève ce petit papier sur Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl. Une lecture que je vous recommande vivement si ce n’est déjà fait car elle vous promet un bon moment assuré. Vos avis sont, bien sûr, toujours attendus dans les commentaires et moi, je vais de ce pas me procurer la suite, Charlie et le grand ascenseur de verre, mais, vous le savez bien, « ceci est une autre histoire, qui sera contée une autre fois ».

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6 commentaires sur “║ Charlie et la chocolaterie ║ de Roald Dahl

  1. Je ne savais pas du tout pour la version avec les pygmées ! J’ai lu aussi le Grand ascenseur de verre et je trouve qu’il est plus adulte, avec pas mal de références à l’actualité de l’époque (guerre froide etc) ! Tu me diras ce que tu en penses !

    Aimé par 1 personne

  2. C’était un de mes livres préféré quand j’étais petite! Je n’avais jusque là pas vraiment réfléchi à la problématique Oompa Loompa car je les voyais comme des créatures féériques propices à l’ambiance de la chocolaterie. Mais je peux comprendre les controverses qu’il y a pu y avoir à la sortie du livre. Hum comme quoi le racisme n’est jamais loin…

    J'aime

    • C’est vrai qu’on n’y fait pas vraiment attention du premier coup car c’est une lecture jeunesse, qu’on lit par divertissement mais c’est aussi ça qui est dangereux : qu’un enfant l’assimile sans même s’en rendre compte !
      Enfin, ça n’enlève rien au plaisir de lire ce livre, bien heureusement ^^

      Aimé par 1 personne

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