║ Nos Étoiles contraires ║ de John Green

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      Aujourd’hui, chers lecteurs, nous allons parler d’un livre  fort bien connu de la blogosphère : Nos Étoiles contraires de John Green. Ceux qui me suivent régulièrement se souviendront peut-être que j’avais reçu ce livre pour Noël, après l’avoir demandé en cadeau afin de découvrir cet auteur que je ne connaissais alors pas car ce style de roman n’est absolument pas mon style de prédilection à l’origine – SFFF forever, guys ! -, et que, au soir du 25 décembre, en moins de 24h, il était déjà fini, m’ayant au passage fait verser à peu près toutes les larmes de mon corps. Cependant, en dehors d’un court post sur Facebook, je n’étais pas revenue en détail sur ce livre, il est donc bien temps de s’y mettre.

    L’histoire est celle d’Hazel Grace Lancaster – communément nommée « Hazel » mais qu’on retiendra toujours comme « Hazel Grace » – qui est atteinte d’un cancer. Obligée de se trimballer une bombonne d’oxygène, déscolarisée, elle a tendance aurait se refermer dans son cocon familial mais sa mère tient absolument à ce qu’elle suive un groupe de soutient pour jeunes malades. Et grand bien lui prend car c’est là qu’elle va rencontrer Augustus Waters – dit « Gus » -, lui-même en rémission après avoir perdu une jambe, un personnage haut en couleurs, plein de grandes idées sur le monde et auquel Hazel parvient à faire partager son obsession pour le livre Une Impériale Affliction, traitant lui-même de la maladie et s’achevant au beau milieu d’une phrase. Ensemble, ils se mettent en quête de réponses et partagent leur plus grande histoire d’amour.

Ligne horizontale      Maladie & amour.

     Vous l’aurez compris, la maladie est bien sûr omniprésente au cœur du roman. Pour tous ceux qui ne l’ont pas vécue de près, Nos Étoiles contraires est une façon de voir comment on vit avec cette maladie, quelles sont les difficultés du quotidien que cela entraîne, quelles sont les répercutions sur l’entourage et, surtout, comment on fait pour surmonter un truc aussi gros que sa propre mort programmée. Ce roman, écrit à la première personne, nous fait vraiment suivre les pensées d’Hazel, ce qui crée une profondeur au personnage, nous aide à nous mettre à sa place et à comprendre ce qu’elle vit, même s’il y a de fortes chances que nous ne retrouvions jamais dans sa situation – pour une grande majorité du lectorat, du moins. De plus, la mise en abyme littéraire créée par la présence du livre inventé Une Impériale Affliction apporte un point de vue supplémentaire sur la maladie : ce livre est coupé en pleine action, symbolisant l’arrêt brusque de la vie à cause de la maladie, mais Hazel ne peut le supporter car elle a besoin de savoir ce qui se passe après la mort de l’héroïne – c’est-à-dire ce qu’il se passera pour ses parents après sa propre mort. On a vraiment une pluralité des points de vue sur la maladie, grâce à Hazel, ses amis, son entourage et ce fameux livre sans fin.

      Outre l’histoire d’amour entre Hazel et Gus, qui a de beau qu’elle transcende la maladie et peut honnêtement être appelée « l’amour de sa vie » étant donné la faible espérance de vie d’Hazel, la question de l’amour familial est également très présente dans ce roman. En effet, Hazel a des parents totalement dévoués à elle et, sans sa mère, elle n’aurait jamais vécu l’histoire que nous suivons. De même, la principale inquiétude d’Hazel n’est pas sa mort mais plutôt les répercussions de sa mort car elle s’inquiète plus de ses parents que d’elle-même – qui, de toute façon, n’aura plus à se préoccuper de rien. Ou encore, la famille de Gus, bien maladroitement, essaye de l’entourer, de le protéger de la mort d’Hazel qui pourrait le faire souffrir. L’amour présenté dans ce roman est un amour qui dépasse les limites de soi-même pour faire passer l’autre en premier mais aussi un amour qui permet d’oublier le pire, qui voit au-delà de la maladie et qui ne s’impose aucune limite.

Ligne horizontale       Espoir & fin.

       Nos Étoiles contraires ne représente pas l’espoir de vaincre la maladie, car Hazel se sait condamnée depuis le début, mais bien l’espoir de pouvoir vivre avec. En effet, sa vie n’excédera pas les vingt ans tout au plus, elle pourrait donc s’apitoyer sur tout ce qu’elle ne vivra jamais mais, au lieu de cela, elle profite de ce qu’elle peut avoir. Chaque instant n’y est pas vécu comme une peur de la fin mais répond plutôt au vieux docte du carpe diem qui incite à profiter de l’instant présent. Plutôt que de se laisser submerger par toutes les difficultés qui accompagnent son existence, Hazel parvient à faire de sa vie quelque chose de beau qu’elle n’aura aucun regret à avoir vécu ainsi. Forcément, face à un tel exemple, le lecteur ne peut que minimiser ses propres problèmes et suivre ce modèle de courage qui lui est présenté, pas un modèle sans défauts puisque Hazel a bien sûr ses faiblesses, mais un modèle qui est capable d’avancer malgré tout les obstacles qui lui font face.

     Enfin, la fin est au cœur de toute cette histoire : que se passe-t-il après la fin du roman ? Après la mort d’Hazel ? Après la perte d’un proche ? Toute la question qui se pose dans Nos Étoiles contraires repose sur cet « après » tant redouté. Autant Hazel ne se soucie pas de ce qu’il pourrait advenir d’elle après sa mort, autant elle se demande comment ses parents, son entourage de manière plus générale, pourront se reconstruire après son décès. C’est bien pour cela que le livre Une Impériale Affliction l’obsède tant : une fois l’héroïne décédée, l’histoire s’achève sans que les personnages secondaires n’aient droit à leur fin heureuse car l’auteur de ce livre lui-même a été détruit par une perte semblable. On se demande comment continuer est possible, quelle force on peut encore trouver après cela et on se prend à espérer que la fin de Nos Étoiles contraires, contrairement à Une Impériale Affliction, ne signifie pas la fin de tout.

      Voilà donc mon avis sur le très populaire roman Nos Étoiles contraires de John Green. Je pense que si je lisais cet auteur trop souvent, je m’en lasserais assez vite mais, pour une première lecture, je ne pouvais rêver mieux. Il a su m’entraîner dans un tourbillon d’émotions et j’ai adoré ça. Si vous voulez en parler plus en détails, vous savez que les commentaires sont toujours là pour ça. En attendant, je vous dis à bientôt pour un nouvel article mais bien sûr, « ceci est une autre histoire, qui sera contée une autre fois ».

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12 commentaires sur “║ Nos Étoiles contraires ║ de John Green

  1. Le film m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps ! Pourtant comme toi ce n’est pas mon registre – qu’il s’agisse de livres ou de films – c’est une amie qui me l’avait conseillé ! Et je suis très tenté de le lire. Ta chronique est très belle et me donne encore plus envie 🙂

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    • J’ai adoré le film aussi, qui respecte bien l’œuvre selon moi (on ne peut bien sûr jamais TOUT mettre, mais les scènes ont été bien choisies à mon avis), la seule chose qui m’ait bloquée a été la différence d’âge par rapport à moi : dans le livre, je l’ai totalement occultée pour fantasmer sur Augustus Waters tandis que dans le film, bah, je le trouvais trop jeune pour que ça fonctionne xD

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  2. J’ai adoré ce livre alors que les romances et le Young Adult ne sont pas mes genres de prédilections. J’ai aimé les raisonnements d’Hazel sur la maladie, la perception qu’en ont les autres…
    Je suis vraiment passée par toutes sortes d’émotions avec ce livre, du rire au pleurs!
    J’ai regardé le film un peu après et j’ai été très déçue. J’ai trouvé qu’il se focalisait sur la romance. Alors que ce que j’ai le plus aimé c’est les reflexions d’Hazel. J’aurai imaginé le film avec beaucoup plus de passages où l’on entent Hazel en voie off nous faire part de ses ressentis.

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    • J’ai eu le même ressenti sur le livre – il est parfaitement inlâchable après que s’y soit plongé ! – mais par contre j’ai bien aimé le film, moi : je trouve qu’il traduit bien leur envie de vivre à fond, malgré toutes les questions qui les taraudent et qui sont plutôt bien rendues à mon sens. C’est vrai qu’il y a plus de romance mais je sais qu’une voix off trop présente m’aurait dérangée : ça aurait juste brisé le quatrième mur et aurait bloqué mon immersion.
      Après, une adaptation doit toujours faire face à des choix donc, inévitablement, ça perd à être trop comparé au livre alors je comprends aussi ta déception^^

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  3. J’ai toujours entendu parler de ce livre en bien avec ce mélange d’humour et d’émotion tout en parlant d’un sujet grave … Justement pour ma part, j’ai côtoyé la maladie (pas moi-même mais plusieurs de mes proches) et ça ne s’est pas toujours bien fini … du coup, le sujet est trop sensible pour l’instant et je ne compte pas le lire dans l’immédiat!
    Mais tu as écris une très jolie chronique 🙂

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    • C’est très compréhensible. Après, le livre n’a pas vraiment de « happy end » conventionnel (ce serait difficile avec une héroïne condamnée d’avance) mais au contraire, apprends à faire face à la perte.
      Bien que le sujet te soit encore sensible, j’espère qu’un jour tu auras l’occasion d’ouvrir ce livre (et de n’en pas être trop déçue, car j’ignore quel ressenti il peut laisser à quelqu’un étant concerné de plus près !). 🙂

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  4. Salut! J’ai trouvé ta chronique après avoir lu le livre et vu le film (en fait, je n’ai rien cherché avant d’avoir fini le livre pour ne pas me gâcher la fin!) . J’ai tout simplement adoré le livre (avec quelques larmes versées) alors que ce n’est pas non plus ce vers quoi je me tourne habituellement. Quant au film, j’en ai pleuré aussi. C’est une histoire qui m’a beaucoup touché émotionnellement, sans avoir de réelles explications. Je pense que la justesse des mots était là!
    En tout cas, jolie chronique!

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