Découvrons… ║ Les Kerns de l’Oubli 1 ║ de Feldrik Rivat

Les Kerns de l'Oubli 1

     Après avoir traîné un certain temps dans ma bibliothèque sans être ouvert, c’est l’organisation d’une lecture commune avec Le Monde d’Elhyandra qui m’a motivée à lire ce livre et grand bien nous en pris ! L’Exil est le premier tome de la trilogie Les Kerns de l’Oubli écrit par Feldrik Rivat qui y développe un bel univers de fantasy, réfléchi et complexe, voire peut-être juste un petit peu trop complexe. Que l’univers soit profond et détaillé est génial, on a vraiment l’impression d’évoluer dans quelque chose de concret mais, force est d’admettre que pour s’y retrouver, au début, c’est parfois un peu difficile. Par bonheur, cela ne gâche toute de même pas l’histoire dont l’intrigue est forte et portée par des héros charismatiques.

      Tout résumer risque d’être compliqué alors je vais me concentrer sur le personnage qui me semble être central dans ce tome : Erkan, apprenti Sage-Guerrier, une caste de combattants hors normes, s’est fait bannir du royaume par le roi Alkar sous un faux prétexte, se retrouvant seul et sans mémoire à l’autre bout du monde. Son père, Roch, le Gardien de la cité, est prêt à tout pour le retrouver mais Cataxak, le Mage Noir conseiller du roi est prêt à tout pour l’en empêcher. Pourtant, Erkan est au cœur d’une prophétie ancestrale et tous ne semblent finalement être que les pantins des dieux.

Ligne horizontale      Lignée & motivations.

     La famille occupe une place dominante dans ce roman, puisqu’on apprend assez vite que nombre de personnages sont liés les uns aux autres par le sang. Dès le départ, l’œuvre est d’ailleurs ouverte par Siham, mère d’Erkan, qui annonce écrire justement pour préserver cette histoire à sa descendance. Puis nous avons très vite à faire à Roch, père d’Erkan, qui se met en quête de son fils – et les affiliations se compliquent encore davantage par la suite, mais je ne vous en dis pas plus pour éviter tout spoil. L’instinct filial est ici très puissant, on voit qu’on a affaire à des personnages pour lesquels la famille n’est pas un vain mot mais est synonyme d’amour et d’honneur. Plus encore, le sang est aussi comme un lien qui subsiste au-delà des considérations matérielles, un lien magique et puissant qui permet d’accumuler la force de ses ancêtres pour réaliser plus qu’on aurait pu l’espérer en étant un être anonyme et isolé. À la fois moteur et fin en soi, la lignée est présentée, dans ce premier tome des Kerns de l’Oubli, comme une force essentielle du monde, qui chamboule tout sur son passage et peut avoir de graves conséquences. Comme dans la mythologie antique, lorsque malédiction il y a, ce n’est pas un être isolé qui va être touché, mais une lignée toute entière ; l’Homme et ses actions sont transcendés comme partie d’un plus grand tout.

     Par ailleurs, on commence le roman avec des personnages assez manichéens en apparence, avec Roch et Erkan, les grands héros invincibles, Milena et Siham, les femmes courageuses, ou encore Alkar et Cataxak, les hommes de pouvoir félons. Pourtant, l’histoire ne demeure pas longtemps sur cette opposition totale et nous laisse voir plus en détails – grâce à la focalisation interne changeant de personnage à chaque chapitre – les motivations de ces personnages qui sont loin d’être aussi nobles ou infamantes qu’on ne s’y attendait. En effet, loin d’être un parangon de justice, Roch est un homme guidé par la colère, Erkan est sans cesse tourmenté par sa mauvaise conscience à force de tuer tous ceux qui s’opposent à lui et Alkar et Cataxak sont au service de puissances supérieures dont on ne connait finalement pas très bien le but ultime. De même, deux dieux semblent vouloir s’opposer, d’abord présentés comme le bon créateur et l’infâme usurpateur mais dont les desseins s’avèrent plus ambigus que cela. Ainsi, un univers d’apparence très basique gagne vite en profondeur pour brouiller les images et nous laisser dans un doute perpétuel, à savoir : qui fait réellement le bon choix – pour peu qu’il y en ait vraiment un – dans toute cette histoire ?

Ligne horizontale       En bref :

       Bien que le début de lecture puisse être laborieux car le nombre de personnages présents ainsi que l’enchevêtrement politique et religieux sont complexes à comprendre, on se laisse assez vite emporter par cette histoire aux retentissements mythologiques, on accepte de ne pas tout comprendre – car oui, même à la fin du livre, je n’ai toujours pas compris, certaines réponses m’attendant sans doute dans les tomes suivants – et on se laisse porter par une histoire forte dont les tenants et les aboutissants sont encore partiellement à découvrir.

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