Découvrons… ║ Disque-Monde 16 : Accros du roc ║ de Terry Pratchett

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       Je ne vous en avais parlé qu’en passant, chers lecteurs, mais le fait est que je me suis replongée dans quelques tomes du Disque-Monde cet été et que je ne compte pas faire l’impasse sur leurs chroniques malgré le temps qui passe tant cette série et les messages qu’elle fait passer sont importants à mes yeux. Je prends donc un format un petit peu plus court que d’habitude pour vous parler cette fois d’Accros du Roc, seizième tome des Annales du Disque-Monde mais que vous pourrez lire bien avant tout ça si jamais le résumé vous emballe.

      Dans ce roman, on assiste à deux histoires parallèles : d’un côté, l’envolée prodigieuse du tout premier groupe de roc – oui, oui, de roc, comme les cailloux, pas de rock ! – du Disque-Monde, promis à un destin incroyable et d’un autre, nous suivons l’avancée hésitante d’une jeune fille fort discrète qui vient de perdre ses parents et apprends, par la même occasion, que son grand-père n’est autre que la Mort en personne, Mort qui est d’ailleurs assailli – oui, la Mort est un homme ! – de questions existentielles le détournant de son travail pour la destinée humaine.

Ligne horizontale      Musique & destin

       Terry Pratchett, comme toujours, s’amuse beaucoup à prendre au pied de la lettre les expressions peuplant le langage courant et Accros du roc ne fait bien sûr pas exception à la règle. Dans ce tome-ci, il illustre littéralement l’addiction à la musique, qui peut s’emparer des corps et des âmes. On assiste à la formation du premier groupe de roc du monde et on voit s’enfler une passion irrépressible des foules ainsi que des musiciens, littéralement – toujours – possédés par leur musique, ne vivant que pour elle, agissant comme des zombies privés de leur raison de vivre une fois sortis de scène. Loin de dénoncer les méfaits de la musique, l’auteur s’amuse tout de même à parodier les comportements trop extrêmes à son égard, que l’on peut alors appliquer à toute forme d’art, essence importante de notre société mais qui ne doit pas tout occulter au point de nous empêcher de vivre – et, en tant que lecteurs accros des pages, on est sans doute mieux placés que quiconque pour comprendre à quel point cette addiction peut être dévorante.

        Le destin, quant à lui, prend la forme de Susan, petite-fille de la Mort, qui doit exercer le métier de son grand-père en intérim mais ne peut se résoudre à faucher tout le monde sans distinction. Peut-elle choisir qui doit vivre ou mourir ? Si tel est le cas, alors son rôle est totalement remis en question car la Mort ne tue pas, elle vient juste chercher les morts. Les gens meurent car leur heure est venue, comme si leur destin avait fini de s’accomplir. Se pose alors naturellement la question de la destinée, si on peut la changer ou si on y est irrémédiablement lié. Question qui va d’autant plus poursuivre Susan qu’elle doit faire son deuil suite au décès de ses parents et doit trouver un moyen de l’accepter comme faisant partie naturellement de la vie.

Ligne horizontale        En bref :

        Comment pourrai-je ne pas vous recommander ce tome des Annales du Disque-Monde ? Certains sont certes moins palpitants que d’autres mais celui-ci n’en fait en rien partie. Au contraire, il poursuit le cycle de la Mort, l’un de mes personnages préférés. Si l’aventure vous tente, pensez donc à lire Mortimer et Le Faucheur avant d’attaquer celui-ci pour plus de compréhension mais n’ayez crainte : vous vous en sortirez très bien sans avoir lu l’intégralité des annales pour peu que vous soyez ouverts à la folie de l’humour britannique. Entre satire et éclats de rire, Pratchett parvient toujours aussi bien à nous entraîner dans son univers et, surtout, à parler de passion à un véritable lectorat de passionnés.

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2 commentaires sur “Découvrons… ║ Disque-Monde 16 : Accros du roc ║ de Terry Pratchett

  1. Ils ne sont pas légion dans le métro. Mais le lecteur pratchétien se reconnaît à la commissure des lèvres qui a tendance à s’étirer sur un côté ; contenant avec peine l’éclat de rire que chaque page risque de déclencher, agressant par là violemment la sacro-sainte morosité des transports.
    Lors, si un autre lecteur pratchétien se tient à proximité (même non muni de livre), ils se renvoient un regard entendu et complice. C’est un ordre vous dis-je, une secte, profondément unie par un disque plat porté par quatre éléphant et une tortue.

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