║ Fondation 3 ║ d’Isaac Asimov

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      Après avoir parlé du tome 1 Fondation et du tome 2 Fondation et Empire, je vous propose aujourd’hui, chers lecteurs, de conclure le cycle originel d’Isaac Asimov avec le tome 3 Seconde Fondation. Bien que complétée par la suite par quatre autres tomes – deux préquels et deux continuations -, le cycle de départ s’achevait là et force est de constater qu’il forme un tout cohérent, avec une forme de fin logique mais cependant extrêmement frustrant tant on souhaite en savoir davantage.

       Dans ce dernier tome de la trilogie originelle, le Mulet a conquis la galaxie, son nouvel empire est en passe de remplacer l’ancien mais une ombre demeure au tableau : la menace de la Seconde Fondation annoncée par le Plan Seldon et dont l’emplacement demeure secret.

Ligne horizontale        Revanche & psychologie.

       Comme nous avons pu le voir lorsque nous parlions du tome précédent, le Mulet a longtemps été rejeté, voire maltraité dans sa vie. Dans ce tome-ci, nous découvrons donc que sa principale motivation tient d’une soif de vengeance de la part du Mulet. Il éprouve un grand besoin de reconnaissance, afin de pouvoir prouver que sa force mentale peut rivaliser après les brimades physiques qu’il a subies. Le seul moyen de le stopper – attention, spoil ! – était donc un reconditionnement totale de sa psychologie qui lui permit d’être enfin en paix non seulement avec les autres mais surtout avec lui-même. Cette victoire, qui n’a rien de physique puisque l’armement du Mulet était considérablement supérieur à celui de ses adversaires, prouve que la psychologie, jusqu’ici jugée faible face aux sciences dures, peut s’avérer bien plus redoutable qu’on ne le pensait, ce qui est justement ce que souhaitait prouver indirectement le Mulet.

       La psychologie s’annonce donc enfin comme une véritable force, capable de s’opposer aux sciences dure dont on assistait jusqu’alors au triomphe incontestable. Bien au-delà de ce qu’on nomme couramment « psychologie », dans Fondation, celle-ci désigne les capacités de l’esprit à agir sur l’esprit d’autrui en utilisant les ressources inexploitées du cerveau humain. Néanmoins, à la différence des sciences dures qui sont toujours restées confinées entre les mains d’une élite, la psychologie est, pour sa part, ouvert à la portée de tous car, si le Mulet pouvait compter sur un pouvoir inné, la Seconde Fondation, quant à elle, enseigne la psychologie partant du principe qu’elle est à portée de tous pour peu qu’on l’on s’y exerce durement. Celle-ci permet donc le développement de pouvoirs psychiques pour tous et ceux qui s’y exercent sont vus comme les futurs dirigeants de la société qui doit être mise en place par le Plan Seldon. Autrement dit, l’esprit s’annonce comme la force supérieure à toute autre.

Ligne horizontale       Sources & fin.

       Ce tome résout une énigme qui se posait depuis la création de la pemière Fondation, à savoir l’emplacement de la Seconde Fondation. Le seul indice qu’avait laissé Hari Seldon derrière lui à ce sujet était qu’elle se trouvait « à l’autre bout de la galaxie ». Dès lors, de nombreuses théories ont germé au fil des années – et des tomes, pour les lecteurs ! – afin de découvrir l’emplacement de cette Seconde Fondation mais cette quête était toujours restée vaine. Ce n’est finalement qu’en effectuant un véritable retour aux sources que l’explication a pu être enfin trouvée. En effet, – attention, spoil ! -, la galaxie n’ayant pas de fin, « l’autre bout » n’est en fait que le point de départ. Cela reflète parfaitement la volonté d’Asimov de créer un univers cyclique, qui n’aie d’avenir qu’en fonction de son passé et qui ne peut se construire que grâce à ses origines. Le Plan l’annonçait depuis le début : l’Histoire menace toujours de se répéter, de tourner en rond, et Seldon voulait lutter contre cela mais on voit ainsi qu’il ne coupe pas tout lien avec le passé, qu’il cherche plutôt à s’en servir intelligement pour proposer de meilleures bases à l’avenir.

    Ce retour aux sources marque ainsi la fin de la trilogie originelle, achevant de manière temporaire ce grand cycle qu’est Fondation. Le Plan Seldon est enfin remis sur les rails suite aux ingérences du Mulet et semble promettre à l’humanité un avenir bien plus certain qu’il ne l’était dans le premier tome maintenant que ce Plan tout tracé a la foi de la grande majorité. La fin semble ainsi close, la suite étant annoncée comme la réalisation inéluctable du Plan et peut sonner comme une conclusion satisfaisante. Cependant, le Plan n’est pas accompli sous nos yeux, laissant une certaine forme de doute en suspens, de nouvelles péripéties étant toujours possible. Cette fin qui n’en est pas vraiment une laisse donc le champ ouvert pour les deux tomes supplémentaires qu’écrira Asimov postérieurement, venant compléter un dénouement qui était certes cohérent avec ce tome-ci mais qui laissait un peu le lecteur sur sa faim.

      C’est donc ainsi que se termine ma petite lecture du cycle originel Fondation mais je reviendrai vous parler avec plaisir des tomes restants lorsque j’aurai eu le plaisir de les lire également. J’espère vous avoir donné l’envie de découvrir cette formidable saga qui a le mérite de rendre la science-fiction accessible à tous tout en posant d’importantes questions de société.

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