║ Chroniques martiennes ║ de Ray Bradbury

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      Grande grande fan de Fahrenheit 451, comme vous avez pu le constater dans un article précédent, l’envie m’a prise de lire une autre œuvre de l’auteur et c’est tombé sur ses Chroniques martiennes. L’histoire change du tout au tout, l’originalité est bien présente mais certaines idées fondatrices restent les mêmes et cela, j’aime beaucoup. Ray Bradubury continue à bousculer les mentalités et force est d’admettre que nombre de ses théories résonnent toujours plus fort aujourd’hui.

      Difficile de résumer les Chroniques martiennes qui ne sont pas une histoire suivies mais une série d’épisodes retraçant l’évolution sociale de la planète. L’histoire débute avec la première expédition spatiale des Terriens sur Mars, revient sur les aléas que cela a entraîné et se poursuit avec sa colonisation progressive.

Ligne horizontale      Intertextualité & pessimisme.

     Comme nous, Ray Bradbury était visiblement un grand lecteur et cela se sent particulièrement dans ce livre qui ne cesse de multiplier les allusions à d’autres auteurs-phares aux idées proches de celles des Chroniques martiennes. Côté pessimisme et folie de l’humanité, on retrouve aussi bien des références à Edgard Allan Poe ou à Lord Byron qu’à Aldous Huxley ou à Lewis Caroll. On notera même une intertextualité avec la grande œuvre de Bradbury lui-même, Fahrenheit 451, lorsqu’il est question du déclin de l’humanité qui se met à censurer ses textes en brûlant les livres. Outre le plaisir que cela procure aux amateurs de littérature que nous sommes, ces renvois à d’autres textes précédant celui-ci permettent à l’auteur de conférer plus de richesse au texte qui s’orne ainsi de réalisme en donnant aux personnages les mêmes références littéraires que nous mais aussi de s’inscrire dans toute une lignée contestataire.

       Comme les auteurs auxquels il fait référence, Ray Bradbury démontre un très profond pessimisme concernant l’avenir de l’humanité dans son livre. Il y démontre en effet la destruction de tout ce que touche l’Homme, qui semble réellement posséder une nature profondément mauvaise. Seules quelques rares exceptions viennent déroger à la règle, des Hommes qui font effectivement preuve d’un raisonnement censé et anti-destructeur mais ceux-ci apparaissent comme des marginaux aux yeux du reste de la civilisation, prouvant bien que la bonté représente une minorité négligeable de la société humaine. En dehors de cela, comme dans Fahrenheit 451, la censure de la culture par les gouvernements est dénoncée mais pas seulement : l’auteur dépeint ici nombre de maux de l’humanité tels que le racisme, la colonisation et la guerre qui mènent les Hommes à exterminer une autre espèce – les martiens, pour ceux qui n’auraient pas suivis – afin de fuir leurs propres problèmes et de les exporter plus loin.

Ligne horizontale      Inversion & préservation.

    La grande originalité de ce recueil est tout de même son point de vue. En effet, Bradbury ose le pari risqué de proposer à son lecteur le point de vue d’une autre civilisation sur les hommes. On peut alors voir à quel point l’Homme façonne le monde à son image tandis que l’adage des Martiens est l’adaptation avant tout. L’arrivée des terriens est donc perçue comme une véritable menace – ils vivent une « invasion terrienne » comme on aurait vécu une « invasion martienne » – qui viennent pour coloniser la planète sans chercher à s’adapter aux coutumes locales, ou du moins en échouant lorsque de rares individus s’y essayent. Ils entraînent ainsi de force les Martiens à s’adapter à eux plutôt que l’inverse et ce point de vue particulier adopté par l’auteur permet de démontrer tout l’illogisme de la situation.

     Cependant, malgré tous ces défauts de l’humanité dépeints par Bradbury dans ce livre, tout comme dans Fahrenheit 451, le pessimisme est tout de même teinté d’un peu d’espoir sous forme d’une porte de sortie ouverte à la fin de son œuvre. Dans Fahrenheit 451, il s’agit de la sauvegarde des livres dans la mémoire des vagabonds ; dans les Chroniques martiennes, on peut espérer une certaine forme de préservation des restes de la planète Mars et des ruines de sa civilisation originelle grâce à une famille de marginaux venus y vivre en paix, sans velléité de colonisation. L’espoir est donc permis mais aura, pour cela, dû passer par un âge de destruction avant de pouvoir espérer un éveil d’une minorité de consciences voulant œuvrer pour la préservation.

      Voilà qui conclue donc ma lecture des Chroniques martiennes de Ray Bradbury, un auteur dont les idées autant que le style me plaisent toujours autant. Un incontournable du genre, aucun doute là-dessus !

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3 commentaires sur “║ Chroniques martiennes ║ de Ray Bradbury

  1. Bon. Tu m’as donné envie de relire Farenheit et de lire celui-ci…! Farenheit parce-que ça fait trop longtemps que je l’ai lu et que je ne verrai sûrement pas les références dans les chroniques martiennes si je ne le relis pas… Après Bradbury fait vraiment parti de ces auteurs à lire absolument, ce ne serait pas une perte de temps ^^

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