║ Jane Eyre ║ de Charlotte Brontë

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      Il y a quelques temps de cela, je lisais Jane Eyre et renonçais à vous en parler faute de temps et de place sur le blog. Aujourd’hui, j’ai le temps, et je trouve qu’il serait dommage de passer à côté de ce chef-d’œuvre de la littérature anglaise qui a su me réconcilier avec les romances grâce à des personnages et des messages forts.

       Orpheline maltraitée, Jane a toujours appris à faire profil bas pour ne pas se faire remarquer mais cache une vive intelligence qui lui permet de décrocher un poste de professeur dans l’établissement scolaire qui l’a éduquée. Voulant cependant changer de vie, Jane décide d’accepter une place de préceptrice : elle rencontre ainsi M. Rochester, son nouvel employeur au tempérament fort face auquel elle va devoir apprendre à se faire entendre.

Ligne horizontale       Force & féminisme.

      Au début du roman, on découvre la jeune Jane, maltraitée par sa famille, invisible au sein de son établissement scolaire dans lequel elle devient enseignante sans jamais vraiment avoir l’occasion d’acquérir une connaissance du monde qui lui permettrait de se révéler. On découvre donc d’abord une héroïne marquée par une faiblesse physique évidente et qui semble manquer cruellement de piquant. Pourtant, on peut constater que Jane développe une véritable force de caractère au fil du roman. Le personnage connait une évolution qui ne semble en rien forcée pour servir l’intrigue mais qui semble bien correspondre à un cheminement naturel, fait à force d’expérience, de nouvelles rencontres et de nouvelles occasions de s’exprimer. Cette force ainsi révélée est d’autant plus frappante qu’on en a la démonstration d’un bout à l’autre : l’héroïne devient de plus en plus appréciable au fur et à mesure qu’elle se dévoile, autant au lecteur qu’à elle-même, et constitue un exemple étonnement concret.

     De cette force de caractère que développe Jane découle un féminisme très présent dans l’œuvre. L’époque à laquelle se déroule l’action de Jane Eyre n’est bien sûr pas une époque qui favorise vraiment l’émancipation des femmes. Leurs talents domestiques sont souvent plus mis en valeur que leur intelligence et c’est à cela que Charlotte Brontë s’oppose, en créant un personnage qui doit sans doute être un avatar d’elle-même dans une certaine mesure, et qui se fait remarquer par son esprit bien plus que par son adresse physique. Tout l’histoire d’amour qui est au centre du roman repose uniquement sur cette intelligence : si M. Rochester tombe sous le charme de Jane, ce n’est en rien pour une question d’attraction physique animale mais bien grâce à une concordance des esprits au fur à et mesure que se découvrent les personnages. On a là une véritable valorisation du développement intellectuel féminin.

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       Froideur & tempête.

      La froideur apparente des personnages est quelque chose de très marquant dans le récit. En corrélation avec l’éducation assez rigide de leur époque, ils restent énormément sur leur réserve sans jamais exprimer leurs sentiments respectifs. Et cette froideur apparente semble aller en concordance parfaite avec les paysages dans lesquels ils évoluent : un environnement froid, presque hostile, qu’il faut être prêt à affronter pour en découvrir les vertus cachées. Ce décors est en fait constitutif du mouvement gothique, aidant à mettre en place une atmosphère particulière au genre, atmosphère qui semble même aller jusqu’à virer au fantastique dans certains temps du récit, lorsque Jane se retrouve confrontée à des apparitions mystérieuses en pleine nuit.

      Cependant, les sentiments finissent tout de même par se dévoiler mais, en opposition totale avec la retenue juqu’alors de mise, ils le font dans une véritable tempête, un déchainement des émotions. Le sentiment intérieur qui s’exprime enfin après avoir été si longtemps retenu tranche alors violemment avec la froideur apparente des personnages : la vérité s’oppose d’autant plus violemment aux conventions sociales qu’elle avait longtemps été bâillonnée par celles-ci. Toute la sauvagerie des sentiments humains – sans connotation négative – se rebelle face à l’éducation dite civilisée. Le récit agit alors preque comme une forme de caharsis, une libération des passions, mais non pas violentes, seulement amoureuses.

       Jane Eyre est donc un roman surprenant, qui peut plaire, grâce à son originalité, même à des lecteurs réfractaires à la littérature classique. L’auteure a su mêler avec brio romance et féminisme tout en se laissant influencer par des genres extérieurs qui, au milieu d’une œuvre à l’ambiance résolument gothique, ose même parfois flirter avec le fantastique.

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11 commentaires sur “║ Jane Eyre ║ de Charlotte Brontë

    • C’est trop drôle, c’est tout pareil pour moi : j’ai absolument envie de lire Les Hauts de Hurlevent depuis que j’ai lu Jane Eyre ! :p
      Mais pareil, je laisse traîner depuis quelques mois, même si j’ai hâte de m’y mettre^^

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