Lion (2017)

Lion

      Juste après vous avoir parlé du roman Le Lion de Joseph Kessel, on pourrait croire à une thématique mais pas du tout : c’est seulement une heureuse coïncidence qui m’a fait découvrir ces deux œuvres presque homonymes la même semaine car elles n’ont, outre leur titre, aucun rapport direct l’une avec l’autre. Lion est un film sorti en 2017, nominé plusieurs fois aux Oscars, parlant d’un sujet très dans l’air du temps : l’adoption. Que nous soyons nous-même concernés ou non par la question de l’adoption, l’interrogation identitaire du protagoniste, elle, peut parler à tous et nous entraîne dans son maelström d’émotions.

      Sortie de séance :

      Entre éclats de rire, crises d’inquiétudes, moments de fascination et torrents de larmes, je suis passée par toutes les émotions lors de cette projection et je suis sortie de salle avec un immense sentiment de plénitude. Je ne savais trop à quoi m’attendre en allant voir ce film dont je n’avais entendu qu’un vague résumé mais qui me donnait déjà envie et je dois reconnaître y avoir découvert bien que plus ce à quoi je m’attendais. Avant même d’être intellectuel, ce film est émotionnel : il nous prend par la main et nous entraîne, nous fait courir au rythme de ce petit garçon en danger perdu dans les rues indiennes, il nous fait réfléchir aux côtés de ce jeune homme qui a tout pour être heureux et pourtant n’y parvient pas. Ce film a un côté très introspectif, il nous offre une vision du monde à travers une paire d’yeux bien particulière et remet ainsi la nôtre en question.

      X L’inconvénient de ce choix est la lenteur certaine de l’intrigue. En lisant le résumé, on pourrait s’attendre à beaucoup plus d’action, d’autant plus que le parallèle avec Slumdog Millionnaire s’impose d’office, mais ce film a de quoi décevoir vos attentes de ce côté-là. Quelques scènes angoissantes, haletantes sont bien présentes mais elles sont loin d’être le cœur du film.

Lion 2

    Bien au contraire, le film a plutôt des tendances contemplatives, nous offrant des vues imprenables sur les paysages traversés par le jeune Saroo. Ses deux pays, de naissance et d’adoption, l’Inde et l’Australie, sont représentés avec autant de majesté l’un que l’autre. Les vues sont époustouflantes, le film prend le temps de s’attarder sur un paysage, un coucher de soleil, un courant marin… Et en cela, le film est incontestablement beau. Pour certains, cela sera synonyme d’ennui et ça l’a déjà été pour moi aussi dans d’autres films mais ici, j’ai moi-même été fascinée par ces vues d’un autre monde, à la fois si semblable et si lointain.

      Le film est construit en deux parties : l’une avant l’adoption de Saroo, alors qu’il est encore un enfant perdu dans les quartiers pauvres de son Inde natale et l’autre après, alors qu’il est devenu un jeune australien heureux à qui tout réussi. Cette espèce de dichotomie entre ces deux univers que Saroo possède pourtant en lui est très bien exprimée et pointe du doigt deux thématiques parallèles : les inégalités sociales flagrantes entre ces deux pays et la question identitaire qui remue intérieurement Saroo, incapable de savoir où il est, où il va s’il ne sait d’où il vient. De deux thèmes qui auraient pu nous paraître lointains et nébuleux, ce film n’en fait qu’un qui peut parler à tous grâce à la dimension profondément humaine apportée par le réalisateur. Qui peut se targuer de n’avoir jamais été incertain dans sa définition de lui-même ? Qui ne s’est jamais senti profondément perdu au milieu d’un monde trop grand et trop compliqué pour lui ? Lion met ces sentiments familiers en mots et en images avec une justesse certaine.

Clap (4)

      En bref : Lion ne parlera sans doute pas à tout le monde. Film introspectif et contemplatif, il pourra rebuter un spectateur en recherche d’action. Mais Lion demeure bien loin de ces films intellectuels nébuleux qui cherchent à en faire trop, au contraire, il sait parler directement à nos émotions pour nous proposer une immersion à mille lieues des terres connues.

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3 commentaires sur “Lion (2017)

    • Après, ce n’est que mon avis, c’est toujours là la difficulté. L’amie avec laquelle j’y suis allée s’est ennuyée pendant la séance à cause de la lenteur dont je parle et j’ai lu plusieurs commentaires négatifs dessus à cause de la scission entre les deux parties. Mais moi, ce film a su me capter à 100% pendant 2h !

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