║ Les Fleurs du mal ║ de Baudelaire

Fleurs du Mal

      Comme quoi les petits jobs pour arrondir les fins de mois peuvent aussi être enrichissants, je me replonge de plus en plus dans des classiques pour préparer mes élèves aux épreuves du bac. Moi qui ne suis habituellement pas friande de poésie, il y a pourtant bien un recueil que j’ai lu et que je relis aujourd’hui avec plaisir, j’ai nommé Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire. Si ses poèmes ne sont pas toujours pas les plus simples à lire pour des lycéens, ils sont néanmoins les plus instructifs puisque le poète est un véritable virtuose de la figure de style, tant qu’on n’aurait pas le temps de toutes les étudier même en y passant une année.

       Difficile de résumer un recueil de poèmes, resituons-le donc à la place : le recueil des Fleurs du mal paraît en 1857 mais fait l’objet d’un grand scandale. En effet, Baudelaire s’y montre irrévérencieux, il n’hésite pas à braver les bonnes mœurs, y critiquer l’homme, sa tendance au vice et même la religion, faisant même parfois l’apologie des drogues comme moyen d’évasion. Le recueil subit donc la censure mais est réédité plusieurs fois avant d’être enfin réhabilité, en 1949.

Ligne horizontale      Spleen & idéal.

     Le fameux spleen baudelairien est une notion que l’on associe immédiatement aux Fleurs du mal, vieux reste de nos cours de secondaire, mais dont la définition exacte nous échappe souvent. Plus qu’une simple mélancolie, le spleen résulte d’un véritable mal-être, une souffrance portée au quotidien à vivre dans un monde qui ne nous convient pas tel qu’il est. Le spleen est un rejet du monde réel qui inspire une forme certaine de dégoût à Baudelaire dans son recueil, car rongé par les vices. Vices qui se retrouvent à l’intérieur de l’homme et qui expliquent ce dégoût de soi-même qu’on perçoit aussi dans les Fleurs du mal. L’auteur se débat alors face à cette fatalité de l’être humain mais perçoit aussi son impuissance qui mène à un sentiment d’abattement, d’où résulte l’effet mélancolique du spleen.

      En miroir de cette déchéance du monde réel, c’est par l’écriture que Baudelaire cherche à atteindre un nouvel idéal. En perfectionnant sa poésie, il sublime la réalité et touche ainsi à un idéal littéraire qui n’existe pas dans le monde réel. La poésie est son échappatoire au monde réel tout comme peut l’être toute œuvre de fiction pour un féru de lecture. Ses poèmes lui permettent ainsi de ramener un peu de beauté et de douceur dans un monde qui en manque cruellement et qui se complaît dans sa décadence. L’intrusion du fantastique dans ses poèmes marque d’autant plus son attrait pour les univers imaginaires et sa volonté de plus en plus évidente de se détacher du monde réel qui n’est marqué que par les déceptions contrairement à sa création qui atteint une certaine forme de sublimation.

Ligne horizontale       Sommeil & mort.

       Une échappatoire évidente à ce monde réel et qui se retrouve très présente dans le recueil des Fleurs du mal est le sommeil. Il répond à une nécessité vitale mais aussi psychologique : le sommeil permet l’oubli de soi, loin de l’ennui et du désespoir marqueurs du spleen baudelairien. Douce évasion, porte vers le rêve et l’idéal imaginaire, le sommeil n’en est pas moins dangereux pour autant, nous rapprochant inévitablement des limbes. À travers le sommeil, c’est l’au-delà qui nous guette. Cette échappatoire a aussi un côté illusoire dans lequel demeure le risque de se retrouver piéger. Sorte de fuite en avant, le sommeil libère autant qu’il emprisonne et s’il a des vertus, il n’en est pas pour autant une solution durable qui puisse totalement estomper la réalité.

      La fuite du monde réel, cependant, est contrebalancée par un attrait certain de Baudelaire pour la mort, sujet central de son recueil que l’on retrouve dans nombre de ses poèmes. Loin d’être effrayante, la mort apparaît comme attirante, envoûtante et mystérieuse dans Les Fleurs du mal. Elle exerce un charme indéniable sur le poète qui en brosse un portrait saisissant à travers ses rimes. Ce n’est pas qu’il veuille l’appeler à lui mais plutôt qu’elle sonne comme un fait inéluctable : l’heure fatale est là à tous nous attendre, il n’est donc pas nécessaire de la fuir ou la redouter. Son recueil se fait ainsi funèbre, n’omettant aucune étape menant à la mort, le transformant lui-même peu à peu en une sorte de mort en sursis. Thème ambivalent, la mort sonne comme un doux fléau qui attend tout un chacun.

       Voilà donc pour l’un des rares recueils de poésie – si ce n’est le seul – que je chroniquerai ici. Je ne m’arrêterai pas davantage sur la virtuosité de Baudelaire dont on ne saurait finir de relever les figures de style et de construction une fois qu’on aurait commencé, me contentant simplement de savourer l’évocation vivante de sa poésie.

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