Ce qui nous lie (2017)

Ce qui nous lie 1

      Quand je vois écrit « film français », sur une affiche de cinéma, j’avoue avoir tendance à fuir – et je ne pense pas être la seule. C’est pourquoi Ce qui nous lie n’était pas le film qui me tentait le plus à la base. Et pourtant, l’avis très positif d’amis m’a convaincue de lui laisser une chance, pour le meilleur. Le pitch m’a beaucoup fait penser à celui de Juste la fin de monde de Lagarce : un fils, Jean, revient dans sa famille après des années d’absence sans donner de nouvelles et retrouve son frère, Jérémy, et sa sœur, Juliette à cause d’une mort imminente, non celle du fils mais du père.

Sortie de séance :

      Si ce film a évidemment beaucoup de thèmes en commun avec l’histoire de Lagarce – l’absence, la parole, le silence, la mort, l’amour filial… -, il sait pourtant très bien s’en distinguer en apportant toute sa palette de nouvelles thématiques : la paternité, le deuil, l’héritage, l’enfance et le mariage, notamment. C’est un film riche qui analyse avec justesse la difficulté des relations humaines.

       Le film prend son temps pour installer son sujet mais ne souffre pas de temps morts pour autant. L’intrigue s’installe assez vite, fourmille d’informations et de péripéties, voit les saisons s’enchaîner et la vie suivre son cours au rythme de la croissance des vignes.

     Il est, d’ailleurs, très agréable de profiter de ce cadre très franchouillard, qui aurait pu me gâcher mon plaisir mais qui là, au contraire, apporte une touche d’authenticité au film. On a vraiment cette tradition des vendanges et de la viniculture vue de l’intérieur avec ses rituels et toutes ces petites choses qui l’entourent, et qui représentent une facette à part entière de notre culture française.

Ce qui nous lie 2

       X Jean, en revanche, a voyagé autour du globe pendant 10 ans. Il est marié à une anglophone depuis 6 ans. Et pourtant, il a un accent anglais à couper au couteau. Je veux bien qu’on garde une pointe d’accent malgré le temps, mais l’acteur donnait vraiment l’impression d’avoir appris ses quelques répliques et ça, ça nuisait quand même pas mal à la crédibilité du personne, ce qui est assez dommage.

      Si tous les personnages du film sont très attachants, surtout grâce à cette relation fraternelle qui existe entre les trois protagonistes, j’en retiendrai deux tout particulièrement : Juliette, la sœur, et Alicia, la femme de Jean. Juliette commence l’histoire écrasée par le poids de son père et de ses frères et prend, au fil de l’année, confiance en elle jusqu’à s’affirmer totalement ; tandis qu’Alicia est une femme forte et indépendante de nature qui a été prête à se fâcher avec son mari tout simplement pour lui prouver qu’elle est capable de s’assumer sans lui. Ce sont deux personnages très différents mais qui participent tous deux à une certaine forme d’émancipation féminine vraiment agréable à retrouver là.

Clap (4)

       En bref : Quand la France fait un bon film qui n’est pas destiné qu’a un publique élitiste, il fait bon de le pointer du doigt et Ce qui nous lie en fait vraiment partie. Un film juste, touchant, beau et optimiste.

Publicités

8 commentaires sur “Ce qui nous lie (2017)

  1. Mais les films français c’est bien généralement ! Enfin je ne crache sur aucun film sauf les films commerciaux et autres blockbuster qui sont un ravage pour notre âme en constante construction. J’avais vu la BA de celui ci mais je sais que c’est ce genre de film où tu te dois d’être concentrée et totalement disponible psychiquement pour être transportée.

    Aimé par 1 personne

    • Ça dépend beaucoup des films et je trouve que la France a toujours tendance à jouer sur les mêmes registres : 90% du temps, on a soit le film d’auteur totalement élitiste qui prendrait presque comme une insulte d’être apprécié par le grand publique trop vulgaire, soit la comédie familiale qui repose toujours sur les mêmes gags réchauffés. Tu me trouveras peut-être bourrée de préjugées à dire ça mais quand je cherche un film français en salles, je te promets que c’est ce que je vois le plus couramment ! (Il est possible que je sois seule à avoir cette impression, ceci dit.)
      Alors quand on nous propose un film à la fois profond, touchant et sans tomber ni dans le prétentieux, ni dans le déjà-vu, j’applaudis des deux mains^^ Après, pour ce qui est d’être totalement concentré et disponible devant Ce qui nous lie, je n’irais pas à ce point-là : le film est vraiment bon et tu t’immerges bien dedans, oui, mais je ne le trouve pas spécialement exigeant intellectuellement puisqu’assez simple à suivre. Si tu regardes Birdman ou Whiplash ou même la série American Gods, là, oui, t’as besoin d’une vraie implication du spectateur pour que l’impact fonctionne^^

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s