8 idées… ║ De héros malades ║

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       Si la figure du anti-héros a su se démocratiser dans la littérature, c’est en grande partie parce que le lecteur en avait assez du héros classique à la perfection étincelante. À la place, l’auteur s’est mis à afficher des héros du quotidien, des personnages qui n’ont rien d’extraordinaire en apparence mais qui prouvent leur héroïsme par leurs actes. Parmi ces héros du quotidien, on peut distinguer ceux qui font face à une maladie avec un courage rare, laissez-moi vous en présenter quelques uns.

     1 ‖ Mia dans Les Derniers Jours de Rabbit Hayes.

     Le combat de Mia face à la maladie, c’est le thème même de ce roman, il était donc nécessaire d’en parler ici. Même si nous découvrons cette femme aux portes de la mort, nous avons aussi l’occasion de la découvrir telle qu’elle était par le passé et comment sa vie entière a été affectée par la maladie d’un de ses proches. De l’un à l’autre, les histoires se ressemblent mais ne se répètent pas grâce aux leçons acquises du passé.


      2 ‖ Hazel dans Nos Étoiles contraires.2

     Hazel, c’est l’exemple évident, celui de la jeune fille courageuse qui se bat contre le cancer. Elle a parfois du mal à trouver la motivation de se lever et de vivre ce qui lui reste, de rire et de pleurer, de se battre sans cesse et de croire en l’utilité de sa vie. Pourtant, elle le fait, pour elle, pour ses parents et tout simplement pour avoir au moins profité de son petit bout de temps sur Terre.


     3 ‖ Charlie dans Des Fleurs pour Algernon.

     Plus intellectuelle que physique, la maladie de Charlie est perceptible dans la construction du roman en forme de journal intime lui-même puisque le style d’écriture du personnage évolue au fil de ses améliorations et dégradations intellectuelles. L’évolution psychologique et stylistique du personnage sont, dans un même mouvement, marqués à la fois par la maladie et par le traitement que subit Charlie et contre lesquels il se bat également.


4       4 ‖ Lupin dans Harry Potter.

      Si la lycanthropie n’est pas vue comme une maladie par tous – on pensera à Fenrir Greyback qui s’en accommode plus que bien -, elle est vue ainsi par Remus Lupin, brièvement professeur de Défenses contre les forces du mal à Poudlard. Le personnage vit ses transformations comme des crises, use de potions pour se soigner et porte ce fardeau comme un secret honteux. Par le biais de ce personnage, c’est l’acceptation et la tolérance que l’auteure prône face à la maladie, autant pour ceux qui en sont victimes et devraient cesser de s’en cacher que pour ceux qui les côtoient et devraient cesser de juger en fonction du maladie, de traiter ces personnes comme des personnes injustement perçues comme contagieuses – de façon très cynique, Lupin m’a toujours fait penser à Andrew Beckett, malade du SIDA dans Philadelphia.


     5 ‖ Lorn dans Haut-Royaume.

    Plutôt que d’une maladie, c’est de l’Obscure que souffre le héros de Pierre Pevel. L’homme est assailli par cette puissance ténébreuse qui peut corrompre les Hommes jusqu’à la folie et doit se battre en permanence contre elle, souffrant de crises assimilables à celles d’un drogué en manque. Lorn, pourtant, plutôt que de se laisser terrasser par la maladie, parvient à la soumettre à sa volonté pour en faire une force au lieu d’une faiblesse.


     6 ‖ Jean dans Juste la fin du monde.6.jpg

     Vous risquez de commencer à trouver que je vous en parle beaucoup, de cette pièce de théâtre, d’autant plus que j’ai encore le film à voir et que je risque bien d’en remettre une couche à cette occasion. Pourtant, Jean est l’un des héros malades les plus marquants que je connaisse car sa mort imminente est rendue d’autant plus forte que c’est le sujet qu’on ne parvient jamais à aborder tout en le sachant toujours présent. Tout dire par le non-dit, c’est ça la vraie force du personnage !


     7 ‖ Mélodie dans Le Silence de Mélodie.

     Nouveau roman qui met la maladie au cœur de son histoire, Le Silence de Mélodie nous fait découvrir une jeune fille paraplégique et pourtant d’une grande intelligence qui n’a qu’un désir : s’intégrer comme n’importe quelle petite fille ordinaire. Son combat pour l’acceptation est un message adressé à tous.


8-e1499418492482.jpg       8 ‖ Merteuil dans les Liaisons dangereuses.

     Et pour finir, un grand classique pour ponctuer ce « 8 idées », car la maladie est loin d’être un thème nouveau ou réservé au young adult. Ici, la maladie est traitée d’une façon totalement différente. Dévoilée seulement à la toute fin de l’intrigue, celle-ci apporte une éclairage nouveau sous le personnage, dont on révèle toute la dualité, cachant sa maladie comme son vrai visage sous une large couche de maquillage. La maladie dissimulée de Madame de Merteuil est, dans les Liaisons dangereuses, le symbole de l’intériorité du personnage à l’intérieur rongé mais qui se soucie plus de soigner les apparences que de se soigner en profondeur.

       Voilà les 8 héros malades qui m’ont le plus marquée en littérature, qui font des héros d’autant plus intéressants qu’ils ont chacun un message différent à faire passer. Si vous en avez d’autres à proposer, je serais très curieuse de les connaître, alors à vos claviers !

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8 commentaires sur “8 idées… ║ De héros malades ║

  1. Article très sympa et qui rappelle des souvenirs ! En Fantasy c’est devenu assez courant de croiser des héros déchirés par un conflit intérieur ou en SF infectés par une maladie, je pense au Lion de Macédoine de David Gemmell dans lequel le héros se trimballe avec un cancer du cerveau ou son autre roman, Dark Moon, qui met en scène un jeune atteint de troubles de la personnalité si ça t’intéresse 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Un article très intéressant !
    Hazel et Lupin sont deux personnages que j’adore.
    J’ai également été touchée par Sam de « The memory book » de Lara Avery (elle a une dégénérescence cérébrale et toutes les complications de santé qui vont avec) et Parker de « Dis-moi si tu souris » d’Eric Lindstrom (elle est aveugle plus que malade, mais cela reste un handicap contre lequel elle se bat avec courage). Deux super héroïnes… En BD, tu as aussi Clémentine de « Le bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh (maladie cardiaque). Ce sont trois oeuvres super !

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